BELZONI Gian Battista
Giovanni Battista Belzoni naît à Padoue en 1778. Ce fils de barbier devient moine à Rome puis fuit l'Italie alors envahie par les armées françaises. Il débarque à Londres (1803-1812) et se produit en tant qu'homme fort dans les foires londoniennes.
Las de s'exhiber dans les cirques, le Titan de Padoue rêve de jours meilleurs. En compagnie de sa femme Sarah et de son serviteur irlandais James Curtin, il quitte l'Angleterre et voyage en Espagne et au Portugal. De Malte, le trio part pour l'Égypte et s'y installe. Belzoni tente sa chance en mettant en pratique ses connaissances en ingénierie hydraulique. Il fabrique des pompes d'un genre nouveau mais qui ne se vendent pas. C'est un nouvel échec et sa fortune s'évapore peu à peu.
À cette époque, l'Égypte est en proie à la guerre civile. Deux consuls alors en poste au Caire en tirent parti : le britannique Henry Salt et le français Bernardino Drovetti. Les deux diplomates financent des explorations archéologiques et revendent, non sans bénéfice, les collections ainsi constituées aux musées et collectionneurs occidentaux. Grâce à son passeport britannique, Belzoni entre au service de Salt. En 1815, une mission presque impossible lui est confiée : descendre le Nil jusqu'à Thèbes et ramener un buste colossal de pharaon, le « jeune Memnon » (Amon-Zeus), qui pèse plus de sept tonnes. On ignore alors qu'il s'agit de Ramsès II dont la statue gît devant l'un de ses propres temples. Contre toute attente (et les menaces de Drovetti), Belzoni réussit en faisant preuve d'ingéniosité et de ténacité.
De par son penchant pour l'aventure et l'exploration, Belzoni accepte d'être le pourvoyeur d'antiquités de Salt. Son instinct le pousse à aller toujours plus loin. Aussi, en l'espace de quelques années seulement, il découvre plusieurs tombes royales dans la vallée des Rois, dont celle d'Amenhotep II, Ramsès Ier, Mérenptah, Aÿ mais surtout celle de Séthy Ier (18 octobre 1817). Il visite aussi le port gréco-romain de Bérénice situé sur la mer Rouge, effectue des fouilles au temple de Mout à Karnak, exhume aussi le grand temple de Ramsès II à Abou Simbel et le 2 mars 1818, ouvre la pyramide de Khephren à Giza. L'homme se passionne de plus en plus pour l'héritage de l'Égypte antique. De manière presque scientifique, il note l'emplacement de tous les éléments statuaires sur des plans. Il entre bientôt en conflit avec Salt qui est pourtant le seul à pouvoir subventionner ses fouilles. Le couple Belzoni quitte l'Égypte à la mi-septembre 1819.
Le retour de Belzoni à Londres est triomphant. Il émerveille les visiteurs de l'Egyptian Hall de Piccadilly avec des reproductions grandeur nature des décors de la tombe de Séthy Ier. La copie du sarcophage qu'il a réalisée lui permet de monter une exposition itinérante qui sillonne l'Europe de Paris à Saint-Pétersbourg (1822).
Malheureusement, et malgré ses succès, la fortune ne lui sourit pas. Il s'engage alors à trouver les sources du Niger en Afrique mais meurt de dysenterie au Bénin. Il a alors 45 ans.
Bibliographie
- Voyages en Égypte et en Nubie, par G. Belzoni, Éditions Gründ, Paris, 2001, (ISBN 2-7000-2440-0) et Pygmalion, Paris, 1979 et 1990.
- Description of the Egyptian Tomb, Discovered by G.Belzoni, Murray, London, 1821.
- Narrative of the Operations and recent Discoveries within the Pyramids, Temples, Tombs, and Excavations, in Egypt and Nubia, and of a Journey to the Coast of the Red Sea, in Search of the ancient Berenice, 2 vol. Murray, London, 1821.
Note : 1/10
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