MASPERO Gaston

MASPERO Gaston

Né le 23 juin 1846 à Paris, de parents italiens, Gaston Maspero montre, dès sa prime jeunesse, des prédispositions pour les langues orientales et traduit le texte de la stèle de Napata, rapportée par Auguste Mariette. Il part ensuite pour l'Uruguay jusqu’en 1868 ; Emmanuel de Rougé confie alors à cet autodidacte de l’égyptologie un poste de répétiteur à l'École pratique des Hautes Études, qui vient d’être créée ; durant la guerre de 1870, estimant qu’il doit beaucoup à la France, Maspero s’engage dans le conflit et prend la nationalité française.
Docteur ès-Lettres en 1873, il est élu, après le décès d’Emmanuel de Rougé, titulaire de la chaire de philologie et des antiquités égyptiennes du Collège de France en 1874. Envoyé en Égypte en 1880, il assiste Mariette, très affaibli par le diabète, et prend la direction générale du Service des Antiquités égyptiennes.
En 1880, il découvre les Textes des Pyramides, qui existaient bien, malgré l’intime conviction de son prédécesseur. L’année suivante, il commencer sa carrière par un coup d’éclat : ayant appris que, depuis quelques années, des antiquités étaient proposées sur le marché, Maspero et ses collaborateurs remontent la filière jusqu’à deux frères du village de Gourna, Ahmed et Mohamed Abd el-Rassul. Ces derniers "acceptent" finalement de dévoiler leur secret. Ils racontent qu’en 1871, recherchant une chèvre égarée, ils avaient découvert une ouverture creusée dans le roc et s’étaient trouvés face à un véritable trésor. Durant dix ans, ils allaient écouler les antiquités…
Maspero voyage alors en Europe et c’est donc Emile Brugsch, Conservateur adjoint du Musée de Boulaq, qui se voit investi de la mission d’explorer cette caverne d’Ali Baba, proche de Deir el-Bahari. Lorsqu’il y pénètre, ce qu’il contemple le laisse sans voix : une quarantaine de momies, dont certaines appartiennent à des rois célèbres du Nouvel Empire, comme Séthy Ier, Ramsès II, Ahmosis et Thoutmôsis II.
En quarante huit heures, les momies et la plus grande partie des objets restants sont répertoriés par Brugsch et ce précieux butin archéologique, chargé à bord d’un bateau, redescend le Nil vers Le Caire.
Au début 1886, Maspero entame les travaux de désensablement du Sphinx de Gizeh, tandis que quatre habitants de Gourna, fouillant à Deir el-Médina, trouvent un puits d’accès à une tombe. C’est le tombeau de Sennedjem, un fonctionnaire de l’époque ramesside. Les découvertes sont acheminées vers le Musée de Boulaq, devenu bien trop exigu pour les richesses archéologiques qui s’y amoncellent. Maspero a déjà soumis un projet pour que le musée soit transféré vers Le Caire. Il quitte l'Égypte pour n'y revenir qu'en 1899. En 1902, il dirige le déménagement du musée égyptologique de Boulaq vers le nouveau Musée égyptien du Caire. L’inauguration officielle a lieu en novembre 1903, et le sarcophage de Mariette doit être changé de place.
Dans les temples de Karnak, il fait dégager le site qui est fouillé méthodiquement : « Voici vingt mois que nous pêchons la statue dans le temple de Karnak. [...] Sept cents monuments en pierre sont déjà sortis de l’eau, mais [...] c’est un peuple complet qui remonte à la lumière et qui vient réclamer un abri aux galeries de notre musée »
En 1904, alors que les Britanniques décident de relever de sept mètres le barrage d'Assouan, il parvient à lever les fonds nécessaires pour isoler, consolider, mais aussi étudier un grand nombre d'édifices religieux de Nubie menacés de disparition.
Nommé Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Maspero continue d’étudier à Paris. Alors qu’il assiste à une séance, le 30 juin 1916, et qu’il s’apprête à prendre la parole, il prie l’assistance de l’excuser et se rassoit. Victime d’un ultime malaise, il meurt sur son banc.
Sur sa tombe est gravée l’épitaphe : « Ma Spero » (Mais j’espère).
Les cours qu'il a donnés pendant neuf ans ont contribué à former toute une génération d'égyptologues.
Publications
Étude sur quelques peintures et sur quelques textes relatifs aux funérailles, le conte d'Apôpi et de Soknounrî, n°1/2, Études Égyptiennes Impr. nationale, Paris, 1881.
Les chants d'amour du papyrus de Turin et du papyrus Harris n°500, N°1/3, Études Égyptiennes, Impr. nationale, Paris, 1883.
Les hypogées royaux de Thèbes. Bulletin critique de la religion égyptienne, n°18, 1888.
Un manuel de hiérarchie égyptienne et la culture et les bestiaux dans les tableaux des tombeaux de l'ancien empire, n°2/1, Études Égyptiennes, Impr. nationale, Paris, 1888.
Monuments divers recueillis en Égypte et en Nubie par A. Mariette-Pacha, E. Vieweg, E. Bouillon, Paris, 1889.
Les Contes populaires de l'Égypte ancienne, n°4, Les Littératures populaires de toutes les nations, J. Maisonneuve, Paris, 1889.
La Carrière administrative de deux hauts fonctionnaires égyptiens vers la fin de la IIIe dynastie, environ 4500 ans Av. J.C et les quatre noms officiels des rois d'Égypte, n°2/2, Études Égyptiennes, Impr. nationale, Paris, 1890.
Note sur les objets recueillis sous la pyramide d’Ounas, n°3, ASAE, Le Caire, 1902.
Histoire générale de l'art de L'Égypte, Hachette, Paris, 1912.
Avec E. Drioton, Fouilles exécutées à Baouît, 1, n°59,1, MIFAO, Le Caire, 1932.

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